Notre cycle menstruel

Comprendre son cycle menstruel pour mieux le vivre

En tant que femme, notre vie toute entière sera rythmée par nos cycles menstruels. Dès l’adolescence nous entrons dans cette danse effrénée que nous devons appréhender jusqu’à la ménopause.
Comme tous les cycles, il est composé de différentes phases, mais la plus connue reste les menstruations. Loin d’être la plus appréciée, les règles sont souvent mal vécues, parfois même synonymes d’anxiété, de honte ou de dégoût. Et si
comprendre le fonctionnement de notre organisme était la clé pour mieux vivre avec notre cycle. Découvrons ensemble cette chorégraphie, ses mythes et ses tabous afin qu’elle n’ai plus de secret pour nous.

Fonctionnement de notre cycle menstruel

Le cycle menstruel entre mythe et croyance

Depuis l’antiquité, que n’a-t-on pas écrit ou dit sur les menstruations! Son origine et son fonctionnement étaient si mystérieux et si mal compris que les hommes ont renforcé sur elles quantité de superstitions et de tabous. Les menstruations ont alimenté toutes sortes de mythes et de rituels.

Au début de notre ère, Pline l’Ancien écrivait dans son histoire naturelle que le seul contact d’une femme dans cet état « transformait le vin en vinaigre, flétrissait les cultures, faisait tomber les fruits des arbres, ternissait l’éclat des miroirs, émoussait la pointe du fer, faisait rouiller le fer et le cuivre, causait la mort des abeilles, donnait la rage aux chiens qui goûtaient ce liquide, provoquait des fausses couches chez les juments, etc ». 

Pendant des siècles, de fausses croyances étaient fondées sur l’ignorance, la peur et la superstition. Pendant leurs règles, les femmes étaient considérées comme impropres et impures. Elles devaient se tenir à l’écart. De nos jours, on imagine encore, qu’il faut éviter de se laver les cheveux, de manger des framboises, ou de faire une mayonnaise…

Alors que d’autres traditions notamment chez les amérindiens, les femmes sont honorées pendant cette période. Le temps de l’écoulement sanguin est considéré comme le moment le plus féminin et le plus réceptif. Un temps d’intériorisation et d’harmonie avec soi.

Un héritage de plusieurs siècles de tabou

Aujourd’hui (et heureusement), les femmes prennent conscience de leur corps. Elles se libèrent peu à peu de ces sujets étouffés par la société et revendiquent leurs inconforts.

Mais les règles restent encore un tabou pour la majorité de la population. Certaines jeunes filles n’osent même pas en parler à leurs parents et elles se tournent vers l’infirmière de leur lycée pour se procurer des protections hygiéniques. D’autres n’ont pas les moyens de se payer des protections tous les mois alors elles utilisent papier toilette, papier journal, chaussettes, gant…bref ce qu’elles ont sous la main.

En France, environ 1,7 millions de femmes seraient dans une situation de précarité menstruelle. Un chiffre qui englobe les travailleuses précaires mais aussi les étudiantes et les sans-abris.

Qui n’a jamais eu honte d’acheter ses protections en magasin, obliger d’acheter d’autres articles pour fondre les tampons ou serviettes dans la masse. Demander à sa collègue en rougissant si elle n’a pas un tampon ou serviette pour dépanner ou cacher sa protection dans sa manche en allant aux toilettes.

Nous souffrons en silence du mécanisme naturel de notre corps et ce n’est pas normal.

Nous devons arrêter de nous excuser parce que nous avons nos règles, arrêter d’avoir honte de ce flux mensuel et de tous les inconforts, désagréments et douleurs que nous subissons avant, pendant et après ces périodes.

Comment se déroule un cycle menstruel d’un point de vue physiologique ?

Le fonctionnement du cycle féminin est un mécanisme tellement complexe qu’il est resté un mystère pendant très longtemps. C’est en effet dans le cerveau que se situe le centre de commandement du système hormonal féminin. Il assure une coordination entre les ovaires qui produisent les hormones, et les organes féminins qui les reçoivent. Une organisation comparable à une grande entreprise. (L’entrepreneuriat au féminin est ancré en nous 😉) 

On peut décomposer le cycle menstruel en deux phases séparées par l’ovulation : 

La phase pré-ovulatoire

Elle commence le premier jour des règles et s’achève au moment de l’ovulation. Sa durée, variable selon les personnes, est de 14 jours pour un cycle de 28 jours mais elle peut-être un peu plus courte ou plus longue chez certaines personnes dont les règles sont très espacées. C’est au cours de cette phase sous l’influence d’hormones que notre petit follicule va croître et mûrir.

Une vaste étude a montré que seulement 13% des femmes (qui ne sont pas sous contraceptif) enregistreraient des cycles menstruels de 28 jours….donc normal d’appartenir aux 87 autres %! Une ovulation pile au 14e jour et des menstruations le même jour tous les mois n’est pas la règle.

L'ovulation :

Le follicule devenu mature va éclater libérant ainsi l’ovule qui sera capté par la trompe.

La phase post ovulatoire

Elle suit immédiatement l’ovulation. Sa longueur correspond à la durée de vie du corps jaune soit 12 à 16 jours environ. Le follicule libère un ovocyte. Il se transforme en corps jaune et produit de la progestérone pour préparer la muqueuse utérine (endomètre) à la nidation.

S’il y a fécondation : le corps jaune sécrète de la progestérone et des oestrogènes afin de maintenir la grossesse.

En l’absence de fécondation : le corps jaune disparaît, la production de progestérone chute et l’endomètre commence à se décrocher : ce qui entraine la menstruation (la perte de sang = les règles) et le début d’un nouveau cycle.

Quand menstruations rime avec altérations au quotidien

De nos 1ères règles à la ménopause, le cycle vie-mort se manifeste tous les mois dans notre corps et pendant environ 40 années de notre vie : notre corps va répéter cette chorégraphie encore et encore.  Notre quotidien de femme est rythmé par la danse incessante de nos hormones.

Soit tout va bien et il passe inaperçu, soit notre cycle est source de douleurs et de contraintes.

Taboues, les menstruations, et au-delà de l’hygiène menstruelle, font partie des problèmes ou désagréments que nous n’évoquons pas. Elles sont tout simplement subies et tues pour une grande majorité de femmes car nous pensons que cela est une normalité.

Règles douloureuses, règles abondantes, cycles irréguliers ou encore syndrome prémenstruel (SPM), trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), Endométriose, syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), aménorrhée hypothalamique (anovulation – absence de règles) et ménopause sont des problèmes qui peuvent considérablement gâcher la vie quotidienne des femmes qui en souffrent : au travail, dans leur vie sociale, leur vie intime et affective. C’est la qualité de vie qui est altérée dans sa globalité. Le cycle féminin devient alors une charge mentale et il est rejeté !

Nous avons souvent recours aux traitements chimiques pour éradiquer nos inconforts et désagréments pendant ces périodes car souvent efficace dans l’instant mais pas dans le temps. Pour d’autres, ne rien faire ou rien prendre est la seule alternative…

Et pourtant, la nature et les pratiques naturelles nous offrent de nombreuses solutions que nous sommes trop peu à connaître.

Soigner notre nature profonde naturellement.

La nature elle-même est une officine à ciel ouvert qui offre un potentiel de libération pour les femmes. Ce savoir-faire est ancestral et nombreux sont les bienfaits des plantes pour le cycle menstruel. D’ailleurs, les femmes se sont toujours soignées avec les plantes mais la transmission s’est perdue voir parfois oublié…

Notre hygiène de vie (et cela sur tous les plans) joue aussi un rôle très important dans le bon fonctionnement de notre cyclicité. Le cycle menstruel ne s’arrête pas qu’à l’écoulement du sang, il n’est que la finalité de tout un processus intérieur. Savoir apporter à notre corps, les bonnes choses au bon moment n’est pas une évidence pour toutes.

En effet, toutes les femmes devraient avoir reçu un minimum de connaissance et une transmission plus approfondie des cycles naturels et de toutes les solutions existantes. Nous sommes presque toutes en quête de mieux vivre notre cyclicité et de pouvoir choisir ce qui nous correspond le mieux.

Nos rythmes féminins doivent arrêter d’être tabou c’est un fait mais ils devraient surtout servir à toutes les femmes comme un moyen d’épanouissement personnel. Notre utérus est sacré, il permet de donner la vie : c’est le berceau de la créativité.  Se réconcilier, se connaître et se révéler sont les 3 piliers qui semble essentiel pour accepter la puissance de nos cycles et s’en servir comme moteur.

A la clef : ne plus subir, être moins fatiguée, avoir moins de confusion et faciliter le contact avec notre joie, notre vitalité, nos ressources et nos aspirations.

Nos cycles menstruels sont importants, ils font partie de nous, ils nous caractérisent et ils nous donnent du rythme. Soyons à l’écoute et apprenons à les aimer.

Prenez soin de vous.

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